Pole Emploi: la casse du service public continue !

29 Avr

le navire coule...

Il est de notoriété publique que Pole-Emploi n’a jamais permis à quiconque de retrouver un boulot. C’était déjà vrai du temps de l’ANPE, mais ça l’est encore plus à l’heure de Pôle Emploi ou devrais-je dire…de Pol(ice) Emploi, car tel est désormais la nouvelle mission de l’Organisme : mener la vie dure aux chômeurs au lieu de les aider !

L’organisme, fondé en 1967, à beaucoup évolué, malheureusement pas dans le bon sens. De Service public à en charge du placement et de l’Accompagnement des chômeurs, même s’il n’a jamais brillé par son efficacité, on est passé avec Pôle Emploi et la fusion ANPE/Assedic en un instrument idéologique et de coercition qui inflige des mauvais traitements des deux côtés du guichet :  du côté des chômeurs mais aussi du côté des agents. Savez-vous que les suicides et les arrêts maladie sont presque aussi nombreux qu’à France télécom?

Cette fusion, décidée en 2009, en pleine crise et explosion du chômage, a été menée dans la précipitation et sans moyens supplémentaires et ne pouvait qu’accoucher d’un désastre, et c’est ce qui s’est effectivement passé.  2 ans après, Pole Emploi ne s’est toujours pas remis de cet acte de sabotage délibéré du service public de l’Emploi. Pire ; alors que le Chômage est toujours a des niveaux records, on supprime des milliers de postes ( 1.800 prévus en 2011) alors que les agents n’arrivent déjà pas à faire face à la charge de travail ! Évidemment, la qualité de service rendue aux usagers va encore se dégrader, et va certainement provoquer de nouveaux actes désespérés des chômeurs et des agents !

le nouvel outil de travail du Conseiller...

Il y’a dejà eu des chômeurs qui se sont suicidés sur le parking de leur agence, et des agents que l’on a retrouvé pendus dans un bureau ! Et on ne compte plus les agressions physiques et verbales…Ce pouvoir est tout simplement criminel, et j’espère que les agents vont porter plainte pour mise en danger de la vie d’autrui En poussant les chômeurs à bout, en les maltraitant à ce point, qu’attend donc le Gouvernement? Qu’un chômeur pète un plomb et commette un meurtre dans une agence, qu’il fasse un carnage?

Désormais, Charpy et la Direction de Pôle Emploi, non contents de priver les agents des moyens de faire correctement leur travail, entendent aussi leur demander d’exercer le métier des ex-assedic en quelques jours de formation à la va-vite quand il faut 2 ans pour maitriser la législation complexe de l’Assurance-Chômage ! Du Grand n’importe quoi.

Fort logiquement, devant ce passage en force et l’absence de moyens, tant en effectifs qu’en formation, cette annonce à provoqué une levée de boucliers et le refus d’une partie du personnel, mais que la Direction entend mater à coups de sanctions contre les agents récalcitrants qui refusent une formation au rabais pour exercer un métier qui n’est pas le leur ! Ce serait alors les chômeurs qui en feraient les frais, et c’est donc l’éthique et la conscience professionnelle chevillé au corps, que ces agents refusent cette mise en pièces du service public de l’Emploi.

Car enfin, qui seraient les dindons de la farce dans cette histoire? Les Chômeurs bien-sûr, à qui les ex-ANPE seraient bien incapables de donner la qualité de service qu’ils sont en droit d’attendre, avec des renseignements erronés ou approximatifs, et de nombreuses erreurs dans le calcul des droits, engendrant des retards importants dans le versement des allocations ( car il faudra bien recalculer le dossier ) des trop-perçus etc. Et, au final, la colère et la violence des demandeurs d’emploi qui se retournerait contre eux!

Surtout quand on sait – et je suis bien placé pour le savoir – les conséquences que peuvent avoir un retard dans le versement des allocations, pour des gens déjà fragilisés par leur situation de chômage…je vis cela tous les jours, enfin, plus maintenant, car je ne suis plus indemnisé, c’est bien là le problème…

C’est pourquoi je le répète, il y’a bel et bien MISE EN DANGER DE LA VIE D’AUTRUI et que cela mérite une action devant les tribunaux. Les Conseillers ne vont pas au boulot pour se faire casser la gueule et pour mettre leur santé psychique et mentale en danger !

Mais c’est la même logique qui est à l’œuvre partout : suppression d’effectifs, réduction des moyens, logique comptable et financière…que ce soit à l’Hôpital, dans la Justice, à l’Éducation Nationale …

Ce Gouvernement, particulièrement antisocial, met en musique la destruction des services publics voulus par l’Europe ! Mais qui sont les décideurs européens, si ce n’est les Chefs d’Etat et de Gouvernement? Nous avons enfin l’occasion de les jeter avec pertes et fracas l’an prochain, il ne faudra pas la louper, ces démolisseurs ont assez fait de dégâts en 4 ans et même en presque 10 ans de pouvoir de droite…

Comme ce qui se passe dans l’Éducation Nationale avec le mouvement de désobéissance des professeurs des écoles, il faut saluer et soutenir le courage et la détermination de ces courageux fonctionnaires, dont la conscience professionnelle n’a égal que leur attachement aux valeurs républicaines et de service public. Malgré les sanctions qui pleuvent sur eux, ils refusent de se rendre complices et d’être l’instrument, à leur corps défendant, de la destruction du service public de l’emploi  au nom d’une idéologie mortifère qui s’appelle le CAPITALISME.

Plusieurs agents syndiqués, que ce soit à Sud Emploi ou à la CGT, sont donc menacés de sanctions pour avoir refusé de suivre la formation EID pour apprendre les rudiments du métier des ex-assedic : l’Indemnisation du Chômage. Il est important que nous les soutenions en signant la pétition en ligne qui sera adressée à Christian Charpy, le DG de Pôle Emploi. S nous ne voulons pas, demain, être encore plus maltraités  par l’Institution que nous ne le sommes aujourd’hui, si nous voulons faire respecter nos droits et notre dignité au lieu de servir d’exutoire et de paillasson au Gouvernement, il faut s’y mettre tous ensemble pour renverser le rapport de force en notre faveur.

Tous ensemble, usagers + agents contre cette folie.

  • La Lettre de désobéissance d’Isabelle de léon à sa hiérarchie

Pôle emploi : M. le directeur, je ne dénoncerai pas des chômeurs

Par Isabelle de Leon | Conseillère Pôle emploi | 29/04/2011 | 12H50

Partager:

Rue89 publie la lettre d’une agent qui refuse d’être formée au contrôle des papiers d’identité des demandeurs d’emploi.

Isabelle de Léon est convoquée ce vendredi à la direction régionale de Pôle emploi, pour les Midi-Pyrénées, pour un entretien disciplinaire. Comme d’autres agents, elle a refusé de suivre la formation « entretien d’inscription et diagnostic » qui « forme » les agents à « l’obligation de contrôler la validité des papiers d’identité, de conserver leurs copies, et de signaler les documents suspects » de demandeurs d’emploi. Nous publions le courrier qu’elle adresse à son directeur général.

Monsieur le directeur général,

J’inscris cette démarche de conscience dans le cadre d’une double responsabilité : en tant que citoyenne et comme agent d’Etat engagée dans une mission de service public.

En effet, j’ai été recrutée sur concours pour travailler à l’ANPE en 2007, j’ai signé un ordre de mission en tant qu’agent d’Etat acceptant une mission au sein du service public de l’emploi, c’est d’ailleurs l’une de mes motivations essentielles que j’ai évoquée lors de l’entretien finalisant le concours de recrutement.

Cet aspect n’est pas anodin puisque depuis, l’Agence nationale pour l’emploi a disparu pour faire place à Pôle emploi, objet juridique toujours indéterminé, regroupant l’ex-ANPE et l’ex-Assedic.

Je sors de mon devoir de réserve et je tiens à alerter le public

Je suis agent d’Etat et non pas agent d’un gouvernement, qu’en tant que tel je n’ai signé aucun engagement avec Pôle emploi, mais bien apposé ma signature au bas d’un ordre de mission de service public, c’est à cet engagement que je me sens en DEVOIR. […]

La réunion de services complémentaires (recherche d’emploi et indemnisation) dans un même lieu ne met pas en danger le service public de l’emploi. Ce qui le met en danger c’est la volonté délibérée et affichée de modifier et de fusionner les deux systèmes et les deux métiers et d’en finir avec le statut d’agent public.

Il est important, en effet, de découpler l’accompagnement des demandeurs vers l’emploi de l’indemnisation : un principe déontologique fondamental. Comment sinon établir une relation basée sur la confiance, l’échange, et le respect de la libre adhésion ?

C’est à ce titre que je sors de mon devoir de réserve et que je tiens à alerter, non seulement, le public, mais aussi les pouvoirs publics.

Au nom de la solidarité, je refuse de vérifier les papiers d’identité

Si la première réforme, la fusion, a été déjà l’amorce d’une transformation radicale, la deuxième vague de réforme au travers de l’entretien d’inscription et de diagnostic (EID) marque une nouvelle étape dans la déstructuration du service public de l’emploi.

Alors que nos syndicats et des audits commandés ne font que confirmer ces constats alarmants, notre direction générale, sourde et sûrement « impuissante », vient en réponse, rajouter de nouvelles difficultés. Que dire pour achever ce tableau désolant de l’obligation de contrôler la validité des papiers d’identité, de conserver leurs copies, et de signaler les documents suspects ?

N’est-ce pas là un symbole éloquent de ce que notre hiérarchie attend de « ses troupes », nommées à longueur de réunion « collaborateurs » et destinées à « liquider les droits » de « clients » ?

C’est au nom de la liberté que je choisis de ne pas appliquer vos consignes sur l’EID, c’est au nom de l’égalité que je défends le service public, c’est au nom de la fraternité que je refuse de fermer l’avenir à des secteurs de la population que vous semblez avoir décidé d’abandonner pour préserver ceux qui n’en ont pas besoin.

C’est au nom de la solidarité que je refuse de vérifier la validité des papiers d’identité car je suis au service du public, des demandeurs d’emploi et des chômeurs, et non pas là pour les contrôler, les suspecter et les dénoncer.

Interpeler chaque agent d’Etat, fonctionnaire, citoyen

Dans l’ordre des responsabilités, je prends les miennes, et je suis consciente de ce que j’engage. A vous, maintenant, de prendre les vôtres.

Rendre publique cette position personnelle m’a coûté et me coûtera certainement, elle n’a comme objectif que d’interpeler l’établissement, mais aussi chaque agent d’Etat, chaque fonctionnaire, chaque citoyen, pour sortir de ce discours d’impuissance qui nuit à notre avenir commun.

Je vous prie, monsieur le directeur général, de bien vouloir prendre en compte mon positionnement.


Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :